Rapport de Mission: Evaluation des Maladies et Ravageurs du Manioc dans le District du Bas-Fleuve et Initiation de la Lutte Participative Intégrée
Préparé par: Mahungu N.M. (Consultant FAO) et Lema Ki-Munseki (Chercheur INERA)
Période: du 7 au 12 août 2000
Places visitées: Territoires de Seke-Banza et Tshela dans le Bas-Fleuve, et la station de l’INERA à Mvuazi.
Observations
Suite à la recrudescence des maladies et ravageurs du manioc observée ces dernières années au Bas-Congo, au Bandundu et à Kinshasa, une mission de la FAO avait précédemment visité quelques territoires de ces provinces notamment les zones de savane et quelques zones forestières de Bandundu pour évaluer l’incidence des maladies et ravageurs affectant la production du manioc (voir rapport de mission du consultant FAO). Afin de compléter l’évaluation de la situation phytosanitaire du manioc dans les régions forestières, une mission conjointe FAO / INERA s’est rendue dans le District du Bas-Fleuve notamment dans les Territoires de Seke-Banza et de Tshela, tous deux ayant la forêt du Mayumbe comme zone agro-écologique principale.
En général, l’incidence et la sévérité d’attaque de la mosaïque (CMD) sont plus prononcées dans cette zone comparées aux symptômes observés dans les régions de savane et dans les galeries forestières des Districts des Cataractes et de la Lukaya (Bas-Congo), Kenge (Bandundu) et à Kinshasa. La forte sévérité d’attaque de la mosaïque au Bas-Fleuve entraîne une défoliation de la partie sommitale de la plante au risque de confondre ces symptômes à ceux des cas extrêmes de l’acarien vert. En plus, les tâches chlorotiques de la CMD au Bas-Fleuve semblent être d’un jaune plus foncé que celles observées dans les autres districts précédemment visités. Il est très rare d’observer sur les variétés locales un seul pied sain à telle enseigne que les jeunes paysans ont surnommé les feuilles de manioc "Pentagone" suite à l’uniformité d’attaque de la mosaïque dans les champs et à leur ressemblance à l’uniforme militaire des USA. Comme dans les Districts des Cataractes et Lukaya, l’incidence et la sévérité d’attaque sont moins prononcées sur quelques variétés améliorées renfermant un bon degré de résistance aux maladies (RAV, Mahungu, Sadisa, Antiota). La mission suggère que les travaux d’extraction de l’ADN des virus de la mosaïque proposés par Dr James Legg de l’IITA pour l’identification et la différenciation des souches présentes en République Démocratique du Congo commencent par le Bas-Fleuve. Il y a plus de probabilité maintenant que les trois souches connues de virus de la CMD notamment les variantes "Ougandaise", "Africaine" et "Africaine de l’Est" pourraient être toutes présentes dans le pays. L’INERA devrait initier les démarches du voyage de Dr. James Legg à Kinshasa. Les frais de son voyage seront entièrement supportés par l’IITA (Action : INERA, Ministère de l’Agriculture et Gouvernorat du Bas-Congo). Cette identification est nécessaire pour la stratégie de lutte contre cette contrainte et de sélection des variétés résistantes à la mosaïque.
La cochenille radicole (CR) et l’épaississement des boutures étaient parmi les dégâts racinaires les plus importants. La cochenille radicole est prépondérante dans tout le District et les paysans se plaignent sérieusement de la non tubérisation du manioc dans leurs champs qu’ils associent à la présence des fourmis rouges. En effet, ces dernières se nourrissent du miellat produit par la CR et, étant très mobiles, sont plus remarquables que la CR qui reste rattachée dans la partie enfouie de la bouture originale. A Tshela, la mission avait en compagnie de l’Inspecteur de District de l’Agriculture, Ir. Mvuezolo Nzau, visité le village Nkata Kimwela où les dégâts très avancés de la cochenille radicole sur le manioc et autres cultures (taro, arachide, etc.) ont entraîné la famine aux villageois. Ces derniers ne vivent que de la vente des noix palmistes comme pratiquement seule source de revenu leur permettant l’achat des aliments amylacés (taro, igname, manioc et banane). Même le bananier plantain ne produit plus dans ce village suite à une infection sérieuse de la cercosporiose (Black Sigatoka). Les observations assez approfondies de la mission dans le peu des champs de manioc où il y a tubérisation et moins de cochenille radicole ont permis de dégager l’effet bénéfique de la préparation du sol avant la plantation du manioc. En effet, le manioc planté sur buttes par la Compagnie Forestière de Tshela (CFT) et sur billons par la MIDEMA à Gimbi n’est pas attaqué par cette cochenille. Le phénomène d’épaississement des boutures n’était également remarqué que dans les champs avec labour minimum.
A la station de l’INERA Mvuazi, la mission a constaté avec plaisir que les 2000 vitro plants de manioc introduits de l’IITA ont été tous sevrés dans les chambres d’humidité. Aucune perte notable n’était enregistrée jusqu’à ce stade. Deux jours après notre passage, Ir Bidiaka devrait commencer la perforation des premières chambres d’humidité pour commencer l’acclimatation.
Recommandations
Kinshasa, le 21/08/2000
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Encadré : L’approche participative et la méthodologie de l’école paysanne Mise au point par la FAO, la méthodologie de «Ecole Paysanne» (EP), est basée sur l’approche participative. Le principe est de faire participer le public cible à l’identification et l’analyse des problèmes rencontrés, à la recherche des solutions, aux transferts des technologies appropriées. Les paysans participent ainsi à l’élaboration des thèmes de formation et à la prise de décisions à partir de leur propre analyse. Le formateur n’est qu’un facilitateur voire un catalyseur. Les champs sont les lieux de formation où les agriculteurs apprennent à partir d’observations des faits concrets. Les principes de base étant «apprendre par l’action» et «apprendre pour le faire». Cette approche repose sur la conviction que la population rurale possède beaucoup d’expérience et de connaissance dans le domaine agricole et qu’aucun résultat ne peut être atteint sans sa participation. Objectifs: développer chez les paysans la capacité
Principes:
Méthodes et approches de formation: la formation devra se baser sur:
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Source: Projet FAO GCP/DRC/028/BEL: Appui au Développement de l’Horticulture Urbaine et Périurbaine