Affiché le 15 avril 1999
En novembre 1998, une équipe multi-donateurs conduite par la Banque mondiale s'est rendue en Ethiopie pour examiner et discuter des propositions d'un Programme de sécurité alimentaire (PSA) présenté par le Gouvernement éthiopien pour examen aux donateurs. Le Comité de la sécurité alimentaire et de l'agriculture de la Communauté des donateurs - rattaché au Réseau du CAC sur le développement rural et la sécurité alimentaire - est intervenu dans la coordination de la mission et continuera à évaluer les recommandations et prendre les mesures nécessaires pour la conception finale et l'évaluation du Programme de sécurité alimentaire.
L'Aide-Mémoire de la mission multi-donateurs (du 20 novembre 1998) commente quelques-unes des statistiques inquiétantes sur les graves problèmes de sécurité alimentaire et de pauvreté en Ethiopie, en dépit de résultats nationaux de production vivrière encourageants ces dernières années. Il rappelle que: "Près des deux tiers des enfants de moins de 6 ans souffriraient de retards de la croissance, et plus de 10 pour cent de dépérissement. En outre, dans les zones rurales, les retards de croissance sont en augmentation (60 pour cent en 1983, 65 pour cent en 1992, et plus de 68 pour cent en 1995/96)." Par ailleurs, "une forte proportion de filles (estimée à 70 pour cent) se marie avant 17 ans, et entame un cycle de procréation où les nourrissons à la naissance ont une insuffisance pondérale, ce qui a de graves répercussions sur leur organisme les années suivantes ... et les porte à accumuler à leur tour un retard de croissance. Ce cycle, par lequel l'insécurité alimentaire et la sous-alimentation d'une génération se répercutent sur la génération suivante, doit être rompu. C'est là la tâche principale qui incombe au Programme de sécurité alimentaire."
La mission émet une série de recommandations divisées en questions de programme, politiques qui servent de cadre au programme, et arrangements de mise en oeuvre. Toutes ces recommandations naissent de la suggestion qu'étant donné la gravissime situation nutritionnelle en Ethiopie aujourd'hui, tous les investissements futurs en matière de sécurité alimentaire devraient être soumis à un test critique, à savoir "se demander de quelle manière traiter les problèmes à l'origine de cette situation pour avoir un impact positif dans des délais suffisamment courts".
Une des recommandations principales de la mission est que le Programme de sécurité alimentaire tienne davantage compte des trois piliers sur lesquels repose la Stratégie de sécurité alimentaire proposée par le Gouvernement éthiopien en 1996: croissance économique et emploi; nouveaux programmes sociaux et d'accès à la nourriture ciblés; et dispositifs d'urgence. Le Programme de sécurité alimentaire met davantage l'accent sur le premier élément, devenant en substance un "programme de développement rural", négligeant les questions essentielles d'accès, en particulier les mesures directes d'atténuation de la malnutrition chez les nourrissons et les femmes enceintes. Parmi les autres recommandations pour améliorer le Programme, figurent le renforcement des liens avec les investissements en cours et prévus de sécurité alimentaire; le renforcement des capacités humaines et financières pour l'exécution du projet de Programme de sécurité alimentaire; et la création d'un contexte de politique propice au programme (ex. politiques liées au rôle des secteurs public/privé; accès des femmes à l'éducation et aux resources; accès aux terres et leur administration; institutions de financement rural; migration et mobilité d'emploi; et croissance démographique).
Le Gouvernement éthiopien doit ensuite examiner le rapport de la mission, et mener à bien d'autres activités de préparation du projet à la lumière des recommandations du rapport, notamment une série d'ateliers et de consultations se qui donneront lieu à une nouvelle version du Programme de sécurité alimentaire. On prévoit que le PSA révisé devrait être prêt pour l'évaluation en mai 1999. Le comité de la sécurité alimentaire et de l'agriculture jouera un rôle important dans ce processus consultatif.
Pour tout complément d'information, veuillez contacter: Robin.Marsh@fao.org
Atteindre la sécurité alimentaire est un des principaux objectifs des politiques de développement de l'Inde, depuis son indépendance en 1947. La stratégie adoptée a consisté à atteindre l'auto-suffisance alimentaire; augmenter le pouvoir d'achat des pauvres en leur donnant des terres et autres biens et en créant des possibilités d'emploi qui leur permettent d'accéder à la nourriture; et encourager l'intervention collective pour la stabilisation de la consommation, c'est-à-dire atténuer les écarts annuels des disponibilités alimentaires et offrir des denrées alimentaires subventionnées aux catégories les plus démunies et les plus vulnérables de la population. L'Inde a fait de grands pas en avant vers l'auto-suffisance alimentaire, en surmontant l'insécurité alimentaire passagère grâce aux achats publics et à la distribution de céréales alimentaires.
Toutefois, si, pour garantir la sécurité alimentaire, il faut des disponibilités adéquates de stocks vivriers, cela ne suffit en aucun cas à combler la faim des pauvres et des personnes souffrant de malnutrition. L'accès des ménages les plus démunis à la nourriture dépend de leur pouvoir d'achat; de la production locale ou proche de céréales vivrières; et de l'accès à des céréales vivrières correspondant aux habitudes alimentaires des ménages les plus pauvres dans leurs régions respectives. Le Gouvernement indien et le PNUD ont signé un Document d'appui au Programme pour la sécurité alimentaire, qui fournit un cadre permettant au PNUD d'appuyer les efforts nationaux axés sur la sécurité alimentaire au niveau des ménages et de la communauté.
L'accent est mis sur la dévolution de plus grandes responsabilités aux institutions locales (panchayats). Selon les récents amendements de la constitution, les panchayats de villages devraient préparer des plans de zone pour le développement économique et la justice sociale de leurs populations respectives, baptisés Plans d'action populaire (PAP). Les nouveaux rôles et responsabilités des panchayats deviendront fondamentaux pour l'exécution des PAP au niveau des villages afin d'atténuer la pauvreté et de renforcer la sécurité alimentaire pour tous, en exploitant principalement les ressources en sols agricoles, en eau, en végétation et en animaux. Il est par conséquent essentiel de former les membres des panchayats et de leur inculquer des connaissances en matière de planification et d'exécution participatives au niveau micro-économique, concernant l'amélioration de l'alphabétisation et de la sensibilisation scientifique.
Le sous-programme, "Sécurité alimentaire et Panchayati Raj", a été préparé par le Département de développement rural et de conservation des eaux du Gouvernement de Maharashtra et recevra un soutien de PNUD/FAO. Il constituera une opération pilote de formation destinée à la mobilisation sociale de communautés villageoises afin qu'elles abordent toutes les dimensions de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, y compris donner aux femmes la capacité d'agir, créer des emplois, assurer la santé et la nutrition, et adopter des moyens d'accroître la productivité agricole. Le renforcement des capacités sera ciblé sur différents groupes en fonction de leurs exigences d'apprentissage, notamment les gram sabhas (assemblés villageoises), les membres élus des panchayats de villages et les groupes féminins d'auto-assistance. La formation comprendra la mise au point de PAP pour la sécurité alimentaire et la gestion de boutiques à prix équitables, de banques de céréales/semences et de biens communautaires au niveau du village.
La FAO fournira une aide au Gouvernement du Maharashtra au titre de ce sous-programme sous la forme de services d'experts en méthodes de formation participative et de préparation de matériel de formation et d'études d'évaluation. Cette assistance sera fournie par le biais du Groupe de travail interorganismes sur la sécurité alimentaire et la nutrition, qui a démarré en juin 1996 et est désormais rattaché au Réseau du CAC sur le développement rural et la sécurité alimentaire.
Pour tout complément d'information, veuillez contacter: Peter Rosenegger@fao.org (ou FAO-IND@field.fao.org)
'Les agricultrices comptent aussi" était le thème de la Journée internationale de la femme célébrée le 8 mars au siège de la FAO. Ce slogan faisait ressortir la nécessité pour les planificateurs du développement de reconnaître le rôle vital des femmes dans le développement rural et la sécurité alimentaire. La variété des activités organisées à cette occasion a clairement montré qu'en dépit de la contribution cruciale des femmes à la sécurité alimentaire mondiale, elles demeurent des partenaires marginalisées et 'invisibles' dans le développement.
Henri Carsalade, Sous-Directeur général, Département du développement durable, a prononcé un discours liminaire au nom du Directeur général de la FAO, Jacques Diouf, réaffirmant l'engagement de l'Organisation envers l'égalité entre les sexes et recommandant aux gouvernements membres de collecter, diffuser et utiliser des données ventilées par genre dans les domaines de l'agriculture, des pêches, des forêts et du développement rural. L'absence de données ventilées par sexe dans le monde explique pourquoi les femmes ont continué à être sous-estimées et négligées dans les programmes de développement.
La Journée a été marquée par une exposition multi-médias et un film vidéo sur les femmes et la sécurité alimentaire, ainsi qu'un séminaire technique sur les statistiques ventilées par sexe dans le développement agricole et rural. Le clou des festivités, toutefois, a été le lancement officiel du site Web de la FAO sur "Genre et sécurité alimentaire", qui contient plus de 60 pages d'informations en anglais, français et espagnol sur les questions de genre liées aux développement rural et agricole, y compris les pêches et les forêts, outre une base de données rassemblant plus de 200 références bibliographiques, statistiques, détails de projets et d'initiatives et liens à d'autres sites clés.
Pour tous renseignements complémentaires, consulter le site Web
"Genre et sécurité alimentaire"
et le site "Femmes et population"
A l'avenir, le Réseau du CAC et les Groupes thématiques nationaux du Réseau africain pour une sécurité alimentaire durable (RASAD) collaboreront plus étroitement au niveau des pays pour la promotion du développement rural et de la sécurité alimentaire dans la sous-région d'Afrique de l'Ouest et d'Afrique centrale. C'est ce qu'il ressort clairement de la deuxième session technique de RASAD (21-27 février 1999, Kpalime et Lomé, Togo), qui a rassemblé 32 participants de 7 pays membres du RASAD: Bénin, Burkina Faso, République centrafricaine, Côte d'Ivoire, Guinée, Sénégal et Togo.
Les participants à la réunion, comprenant des représentants d'organisations rurales, des ONG, des organes d'éducation et de recherche, des institutions de formation et des services publics, ont attaché une attention particulière à la mise en place et au fonctionnement des groupes thématiques du RASAD au niveau des pays qui ont choisi 37 thèmes d'action. Toutefois, une question prioritaire à l'ordre du jour était la coopération entre le Réseau du CAC et RASAD. La nécessité d'une complémentarité entre les deux réseaux a été reconnue comme primordiale et réciproquement bénéfique pour la gestion et le fonctionnement des deux mécanismes; quelques suggestions pratiques ont été formulées pour atteindre une synergie dans leurs efforts de développement. Les groupes thématiques du RASAD ont été invités à travailler en étroite collaboration avec les représentants concernés de la FAO dans leur pays. En outre, les bureaux nationaux du RASAD ont été priés de s'intégrer davantage dans le Réseau du CAC en fournissant des idées émanant de la société civile- le secteur représenté par la plupart des membres. A la clôture de la session, les délégués ont approuvé le choix de "SASAKAWA Global 2000" au Bénin comme l'organisation responsable des tâches de coordination régionale.
Il est important de noter que RASAD encourage l'utilisation des dernières technologies de l'information en tant qu'outils de création de réseaux. Un cours de formation en technologies de l'information a été organisé dans le cadre de la réunion, ce qui a permis aux chefs des services nationaux et à quelques groupes thématiques de se documenter sur le rôle crucial d'Internet dans la promotion et la création de réseaux.
Pour tout complément d'information, veuillez contacter: Antoine.Fayossewo@fao.org