Réseau du CAC sur le développement rural et la sécurité alimentaire
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Affiché le 26 août 1998

Système d'information et de cartographie sur l'insécurité alimentaire et la vulnérabilité

Un outil pour atteindre la sécurité alimentaire pour tous

préparé par Chimimba D. Phiri
Economiste, Service de la sécurité alimentaire et de l'analyse des projets agricoles
FAO, Rome

Généralités

Le Sommet mondial de l'alimentation a résolu de réduire le nombre des personnes sous alimentées dans le monde d'au moins 50 pour cent d'ici à 2015. Il a en outre fixé les objectifs à plus long terme d'éradiquer la faim et d'instaurer la sécurité alimentaire pour tous. Pour que ces objectifs puissent être atteints, des politiques et des programmes d'action appropriés devront être élaborés et mis en oeuvre. L'un des premiers pas importants à accomplir est d'identifier les groupes frappés par l'insécurité alimentaire ou vulnérables à celle-ci, la prévalence et le degré de l'insuffisance des apports alimentaires et de la dénutrition dans ces groupes, et les causes de leur insécurité alimentaire et de leur vulnérabilité. Un système d'information et de cartographie sur l'insécurité alimentaire et la vulnérabilité bien conçu constitue un outil adéquat pour permettre de contrôler et d'évaluer la situation, et de concevoir puis d'évaluer les politiques et les interventions possibles.

Les engagements du Sommet concernant l'établissement de systèmes d'information et de cartographie sur la vulnérabilité alimentaire et l'insécurité

Le paragraphe 4 du Plan d'action du Sommet mondial de l'alimentation conclut qu'"il est nécessaire d'identifier les populations et les zones les plus touchées par la faim et la malnutrition, d'en déterminer les causes et de prendre les mesures qui s'imposent pour améliorer la situation. Il faudrait, dans cette optique, disposer, à tous les niveaux, de sources d'information plus complètes et conviviales."

L'engagement Deux, par. 20 a) énonce que «les gouvernements, en collaboration avec tous les acteurs de la société civile, selon qu'il conviendra, établiront et mettront à jour périodiquement, en cas de besoin, un système national d'information et de cartographie sur l'insécurité alimentaire et la vulnérabilité, indiquant les zones et les populations (y compris au niveau local) souffrant ou risquant de souffrir de faim et de malnutrition, ainsi que les facteurs d'insécurité alimentaire, en tirant le meilleur parti possible des données existantes et d'autres systèmes d'information afin d'éviter tout chevauchement d'efforts».

L'engagement Sept, para 59 b) énonce que «A cette fin, les gouvernements, agissant de concert et en coopération avec les institutions internationales, et utilisant des informations, y compris cartographiques, sur l'insécurité alimentaire et la vulnérabilité, et selon qu'il conviendra: encourageront les institutions pertinentes du système des Nations Unies à entamer des consultations, notamment dans le cadre du CAC des Nations Unies, pour poursuivre l'élaboration et la définition d'un système d'information et de cartographie sur l'insécurité alimentaire et la vulnérabilité, qui devra être mis au point de façon coordonnée; les Etats Membres et leurs institutions et d'autres organisations, selon qu'il conviendra, devraient être associés à la mise au point, au fonctionnement et à l'utilisation du système...»

SICIAV

Un système d'information et de cartographie sur l'insécurité alimentaire et la vulnérabilité (SICIAV) est un système ou un réseau de systèmes qui rassemble, analyse et diffuse l'information sur les personnes qui sont victimes ou exposées au risque de l'insécurité alimentaire; il se demande qui elles sont, où elles sont, et pourquoi elles sont victimes de l'insécurité alimentaire ou vulnérables à celle-ci.

L'initiative SICIAV est un cadre dans lequel une large gamme d'activités peuvent être exécutées aux niveaux national et international pour renforcer l'information permettant d'atteindre les buts de sécurité alimentaires fixés aux niveau national et international. L'idée force est que des informations meilleures peuvent être activement utilisées pour produire de meilleurs résultats, et pour réduire efficacement le nombre des personnes sous-alimentées et réaliser la sécurité alimentaire pour tous. Pour autant que les systèmes nationaux d'information jouent leur rôle dans la lutte contre l'insécurité alimentaire et la malnutrition, ils peuvent être appelés du nom que le législateur jugera approprié. Toutefois, les entités organisationnelles nationales existantes qui assument les fonctions de SICIAV pourraient être désignées comme points focaux SICIAV dans le contexte des engagements du Sommet mondial de l'alimentation.

Les grandes catégories dans lesquelles peuvent se ranger les systèmes d'information nationaux intéressant les SICIAV comprennent les huit exemples énumérés ci-après:

Bien que beaucoup de pays aient déjà établi des systèmes d'information qui fournissent une partie des renseignements nécessaires au niveau national, les informations recueillies localement, qui peuvent avoir une incidence directe sur la situation des ménages et des individus vulnérables à l'insécurité alimentaire, font encore trop souvent défaut. Pour favoriser le redoublement des efforts en ce sens, le Plan d'action du Sommet mondial de l'alimentation appelle à ce que soient développés et enrichis les systèmes d'information et de cartographie de la l'insécurité alimentaire et de la vulnérabilité aux niveaux tant national que mondial.

Les SICIAV nationaux

Au niveau national, les SICIAV s'adaptent au pays et sont ciblés sur les utilisateurs. Ils sont basés sur les systèmes d'informations existants, répondent aux besoins d'information des différents groupes d'utilisateurs dans le pays, et sont gérés et contrôlés par le pays intéressé.

Principes directeurs pour la mise en oeuvre des SICIAV au niveau national

Huit principes sous-tendent l'approche actuelle du renforcement et de la consolidation des SICIAV nationaux. Ils peuvent se résumer comme suit:

Avantages escomptés

En soutenant le développement des activités de renforcement des systèmes nationaux d'information, et en faisant prendre conscience aux dirigeants politiques et aux autres membres concernés de la société civile du sort misérable des victimes de l'insécurité alimentaire et des personnes qui y sont vulnérables, l'initiative SICIAV devrait générer les avantages immédiats suivants: une meilleure formulation des politiques; une meilleure gestion des programmes; et une plus grande efficacité de la conception et du ciblage des interventions, et dialogue intersectoriel et interinstitutionnel plus efficace. Ces décisions politiques devraient logiquement avoir pour effet une réduction globale des troubles de santé spécifiquement associés à la sous-alimentation.

Les SICIAV nationaux et le Plan d'action du Sommet

Les systèmes nationaux seront aussi appelés de temps à autre à fournir des informations qui permettront à la communauté internationale de suivre et de guider la progression en direction des objectifs mondiaux établis à l'occasion du Sommet mondial de l'alimentation.

Le SICIAV mondial

En parallèle au développement et au renforcement des SICIAV nationaux, est né le SICIAV mondial. Le SICIAV mondial devra notamment établir des liens entre des données pertinentes tirées de bases de données internationales; il faudra, dans cette optique, créer un système de diffusion donnant libre accès à des données placées dans le domaine public, qui pourra être consultées aussi bien sur Internet que sur CD-ROM. Ce système fournira aux utilisateurs des possibilités d'interrogation, d'accès et de cartographie, à des fins d'analyse et de comparaison.

Le groupe de travail interinstitutions sur les SICIAV

Le Sommet appelle à encourager "les institutions pertinentes du système des Nations Unies à entamer des consultations pour poursuivre l'élaboration et la définition d'un système d'information et de cartographie sur l'insécurité et la vulnérabilité alimentaires" (Plan d'action du sommet mondial de l'alimentation, paragraphe 59, objectif 7.2b). D'où la création d'un groupe de travail interinstitutions sur les SICIAV (GTI-SICIAV). Ce Groupe de travail compte à l'heure actuelle des représentants de 21 institutions et organisations, y compris des organismes d'aide bilatérale. Le programme de travail suivant est proposé:

Jusqu'à présent, le GTI a tenu deux réunions. La première a eu lieu au Siège de la FAO, à Rome, en décembre 1997, et la seconde, dans les locaux du Fonds international de développement agricole (FIDA), en avril 1998. Lors de la réunion de décembre 1997, le Groupe de travail a approuvé son mandat et ses procédures internes. Il a recommandé que la FAO assure le Secrétariat permanent du Groupe de travail et que les réunions se tiennent, par roulement, dans les locaux des organismes et organisations membres. Il a également créé un certain nombre de sous-groupes techniques chargés d'élaborer des recommandations sur diverses questions encore à l'étude.

Reconnaissant la primauté des SICIAV nationaux, la première tâche du GTI a été de préparer les "Directives relatives aux systèmes nationaux d'information et de cartographie sur l'insécurité alimentaire et la vulnérabilité (SICIAV): Généralités et principes". Une première version de ces Directives a été préparée en octobre 1997 et a été examinée par le Groupe de travail interinstitutions à sa première réunion, en décembre 1997. Les observations formulées par le GTI ont été prises en considération pour la mise au point d'une seconde version, qui a été examinée à nouveau par le Groupe de travail à sa réunion d'avril 1998. Des experts provenant de 12 pays ont participé à l'examen de ce second projet, pour refléter les vues des utilisateurs potentiels des directives; l'ensemble des observations formulées a été pris en considération pour l'élaboration d'un troisième projet qui est maintenant présenté au Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA) pour examen. (Le CSA est ouvert à tous les Etats Membres de la FAO et à tous les Etats Membres des Nations Unies.

Au cours de la dernière Session du CSA (24ème) qui s'est tenue à Rome du 2 au 5 juin 1998, le Comité a approuvé en général les modalités de fonctionnement du Groupe de travail interinstitutions sur les SICIAV et le projet de "Directives relatives aux systèmes nationaux d'information et de cartographie sur l'insécurité alimentaire et la vulnérabilité (SICIAV): Généralités et principes". Ce document est disponible sur le site Web

Il a été demandé aux Etats Membres du CSA de désigner des points de convergence nationaux pour les SICIAV. Ceux-ci devraient principalement mettre en place un mécanisme de collaboration, auquel participeraient tous les systèmes fonctionnels produisant ou utilisant des informations et des statistiques intéressant les SICIAV, et assurer la liaison entre les SICIAV nationaux et les organisations internationales compétentes. A la mi-avril 1998, environ 50 pays avaient déjà désigné leurs points de convergence, dont le nom a été fourni en même temps que les informations et documents sur les SICIAV.

Pour plus d'informations sur le GTI sur les SICIAV, prière de contacter M. E. Boutrif, Coordonnateur du Secrétariat, à la FAO. Courrier électronique: ezzedine.boutrif@fao.org

Les SICIAV dans le cadre du Réseau du CAC sur le développement rural et la sécurité alimentaire

La seconde réunion du GTI a convenu que l'élaboration des SICIAV au niveau national devrait être encouragée par les groupes thématiques appartenant au Réseau du CAC sur le développement rural et la sécurité alimentaire, mécanisme mis en place par le CAC afin d'assurer, sur le terrain, une coordination interinstitutions appropriée du suivi du Sommet mondial de l'alimentation. Le GTI a encouragé les Groupes thématiques à former des sous-groupes techniques sur les SICIAV et a demandé au Secrétariat du Réseau de mettre en place une conférence électronique sur les SICIAV entre les membres du Réseau. Il a été ensuite proposé, lorsque les sites Web seront créés pour les SICIAV (a) de créer un lien entre les deux sites Web, et (b) une liste de points de convergence pour les SICIAV qui devrait être publiée sur le site Web du Réseau du CAC.

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