Réseau du CAC sur le développement rural et la sécurité alimentaire
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Affiché le 12 mars 1999

Thème: Eliminer la pauvreté humaine

préparé par Peter Matlon
Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)

En 1998, le PNUD a publié le premier d'une nouvelle série de rapports sur l'élimination de la pauvreté intitulé "Overcoming Human Poverty". Le rapport examine les progrès réalisés depuis le Sommet mondial du développement social (1995), où les Gouvernements avaient affirmé leur détermination d'éliminer la pauvreté. Le rapport se penche sur les progrès effectués et, en particulier, sur l'intervention du PNUD dans les stratégies, programmes et projets d'éradication de la pauvreté.

Le rapport note qu'environ un tiers de la population des pays en développement continue de vivre dans la misère -disposant de revenus inférieurs à 1 dollar par jour. Cependant, il souligne l'importance de considérer, au-delà de l'aspect des revenus, la pauvreté de l'homme-c'est-à-dire le manque de ressources humaines essentielles, comme savoir lire et écrire, être en bonne santé et recevoir une alimention adéquate. Il constate, par exemple, que dans les pays en développement, environ 30 pour cent des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition et 38 pour cent des femmes adultes sont analphabètes.

Que fait la communauté internationale pour combattre la pauvreté de revenus et la pauvreté humaine? Le rapport fait état des résultats d'une enquête mondiale visant à évaluer dans quelle mesure les Gouvernements ont honoré les engagements qu'ils avaient pris au Sommet social- pour estimer la pauvreté, établir des objectifs pour son élimination et mettre en oeuvre des plans d'action.

Sur 130 pays couverts par l'enquête, 43 disposent de plans nationaux de lutte contre la pauvreté, tandis que 35 autres ont créé expressément des programmes dans le cadre de leur planification nationale. Seulement 38 pays se sont, jusqu'à présent, fixé des objectifs pour l'éradication de la pauvreté extrême.

Le rapport se félicite des progrès réalisés jusque là, tout en soulignant qu'ils sont insuffisants. Non seulement un nombre croissant de pays doit formuler des plans de lutte contre la pauvreté- en fixant des buts et des objectifs précis- mais ils doivent aussi traduire ces plans en action. De nombreux pays ont, par le passé, fait de grandes déclarations sans tenir leurs promesses. Et il en est de même pour la communauté internationale. La lutte contre la pauvreté dans les années à venir doit être étayée par des ressources tangibles. Les Gouvernements résolus à éliminer la pauvreté devront considérer aussi bien l'ampleur et la répartition des dépenses publiques que la meilleure utilisation possible de leurs ressources pour créer un environnement - politique, économique et social - propice à son éradication. Ce sera difficile pour les pays les plus pauvres, encore accablés par les demandes de paiement de la dette. L'Afrique subsaharienne paie plus de 14 pour cent de ses recettes d'exportation au titre du service de la dette, et l'Asie du Sud, 22 pour cent. Aussi incombe-t-il aux créanciers bilatéraux et multilatéraux d'effacer, ou d'alléger considérablement, les dettes qui leur sont dues.

La communauté internationale a également une contribution vitale à apporter au titre de l'assistance. Le rapport signale que celle-ci est désormais tombée à 0,22 pour cent du PIB total des pays industrialisés -chiffre bien éloigné de l'objectif de l'ONU de 0,7 pour cent. Même avec l'aide des donateurs, l'éradication de la pauvreté ne peut toutefois se fonder uniquement sur les efforts des gouvernements centraux. Ceux-ci peuvent fournir un encadrement, qui doit être associé à

la participation active d'une coalition de gouvernements régionaux et locaux faisant intervenir des organisations de la société civile et le secteur privé. Mais la locomotive de cette coalition doit être les populations pauvres elles-mêmes -qui sont les plus motivées et ont les plus gros intérêts en jeu. Les systèmes gouvernementaux doivent être suffisamment décentralisés, ouverts et transparents pour être en mesure de répondre aux priorités des communautés pauvres, qui doivent être capables de se mobiliser et de s'organiser pour atteindre leurs propres objectifs.

La part du PNUD dans les programmes de lutte contre la pauvreté est de plus en plus importante. Environ 50 pour cent des ressources totales sont désormais affectées aux programmes nationaux qui ont un impact direct sur la pauvreté - grâce à une amélioration des moyens d'existence, de l'égalité entre les sexes, de la gestion des ressources naturelles et de la démocratisation de l'administration. Le PNUD intervient à tous les niveaux et soutient une vaste gamme de programmes et projets communautaires mettant l'accent sur la mobilisation sociale et sur l'aide aux pauvres pour créer des moyens d'existence viables et durables. Mais il intervient également au niveau national, en aidant, par exemple, à préparer des programmes de lutte contre la pauvreté. D'autre part, l'organisation veille à instaurer des liens plus solides entres les actions au niveau micro et macro-économique. Ceci ne signifie pas seulement garantir que les politiques macroéconomiques atténuent la pauvreté au niveau local, mais aussi que les résultats positifs obtenus localement servent de base pour la réforme des macro-politiques. Dans ses programmes d'environnement, par exemple, le PNUD souligne qu'il faut aider les pauvres, qui ont le plus à gagner de la conservation des ressources naturelles, à devenir les principaux régisseurs de la régénération de l'environnement.

Pour le PNUD, déterminer au juste comment la dégradation de l'environnement porte un préjudice disproportionné aux pauvres s'inscrit dans le cadre d'un effort beaucoup plus vaste associant l'éradication de la pauvreté à la gouvernance et à l'équité. La pauvreté humaine est le produit de toute une série d'inégalités interdépendantes- sociales, politiques et économiques- dont l'une des principales est liée aux questions de sexe. Les inégalités entre hommes et femmes servent à créer et à perpétuer la pauvreté aussi bien au sein d'une même génération qu'entre les générations. Les partis pris sexistes doivent être éliminés à tous les niveaux- des politiques fiscales au partage des responsabilités du ménage- si l'on veut éliminer la pauvreté. Le rapport soutient que le meilleur moyen d'y parvenir est de faire appel à un large éventail de politiques. La pauvreté n'est pas un problème sectoriel. Ce n'est pas un problème 'social' à aborder après coup. L'éradication de la pauvreté doit, plutôt, devenir un objectif central et directeur de tous les efforts de développement. Fondamentalement, la pauvreté est un affront aux droits de l'homme. La santé, une nutrition adéquate, l'alphabétisation et l'emploi ne sont pas des faveurs ou des actes de charité que les gouvernements et les organismes internationaux doivent acccorder aux pauvres. Ce sont des droits de l'homme, tout aussi valides aujourd'hui qu'ils ne l'étaient il y a 50 ans lorsque la Déclaration universelle des droits de l'homme a été adoptée.

La communauté internationale, y compris le système des Nations Unies, peut aider à placer l'éradication de la pauvreté au rang des priorités. Et le PNUD, sous l'effet de l'élan imprimé par les réformes actuelles de l'ONU, s'efforce de jouer un rôle important pour permettre au système des Nations Unies de combattre la pauvreté de façon plus cohérente et efficace.

Pour visualiser, télécharger ou obtenir un exemplaire imprimé du rapport "Overcoming Human Poverty", consulter le site.

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