Réseau du CAC sur le développement rural et la sécurité alimentaire
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Affiché le 2 juin 1998

Thème: Gestion des ressources naturelles et de l'environnement pour la sécurité alimentaire

par Uttam Dabholkar
Directeur, Politique
Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE)
Les opinions exprimées dans cet article sont personnelles et ne doivent pas être attribuées aux institutions avec lesquelles l'auteur est associé

La gestion des ressources naturelles et la protection de l'environnement dans le Plan d'action du Sommet mondial de l'alimentation

Le Plan d'action du Sommet mondial de l'alimentation [1] reconnaît le rôle qu'une bonne gestion des ressources naturelles et la protection de l'environnement peuvent jouer dans la hausse de la productivité des terres, de l'eau, des forêts, de la mer et du travail, dans l'augmentation de la production alimentaire et agricole, et dans l'amélioration de la sécurité alimentaire. Il fournit une série de directives pour parvenir à la sécurité alimentaire durable, entre autres par le biais d'une meilleure gestion des ressources naturelles et de la protection de l'environnement puisque il traite d'agriculture, de pâturages, de forêts et de pêche. Ces conseils contiennent des mesures techniques, technologiques, législatives, réglementaires, institutionnelles, économiques, sociales et sectorielles. Ils concernent les administrations des gouvernements, le secteur privé, les communautés, les organes de recherche scientifique et technique, les ONG et les institutions nationales et internationales. L'engagement Trois du Plan d'action se penche en particulier sur les ingrédients de gestion des ressources naturelles et de protection de l'environnement que doit contenir une stratégie pour améliorer la sécurité alimentaire.

Le défi

La majorité des spécialistes qui ont analysé les scénarios mondiaux de l'offre et de la demande alimentaire pense que l'offre alimentaire mondiale totale d'ici à l'an 2020 devrait être en mesure de satisfaire la demande alimentaire internationale [2]. Mais les spécialistes s'accordent également à dire que dans le même temps, les projections statistiques indiquent que beaucoup de pays risquent de connaître de gros déficits alimentaires et la famine. Les disparités régionales et nationales dans la disponibilité alimentaire et la nutrition risquent de persister et pourrait même devenir plus prononcées.

Les contraintes de l'environnement - sécheresses, inondations, parasites, maladies des végétaux et des animaux, manque d'eau, dégradation des terres, pertes de sols, de forêts et de biodiversité, pollution chimique - risquent de ralentir les gains de productivité agricole. Les rendements risquent de ne pas augmenter autant que dans le passé considérant les approvisionnements et les innovations technologiques. Des difficultés peuvent se rencontrer notamment dans des zones à faible potentiel et sur les exploitations à petite échelle où l'insécurité alimentaire est en général commune.

Les spécialistes sont d'accord sur le fait que la plus grande partie de la hausse de la production qui est nécessaire pour réduire de moitié, d'ici à l'an 2015, le nombre de personnes sous-alimentées dans le monde, doit venir d'une culture plus intensive des terres arables existantes. Il ne convient pas d'accroître les terres agricoles, mis à part dans les sols acides du cerrado brésilien, les llanos de la Colombie et du Venezuela, et les zones de sols acides de l'Afrique centrale et australe. De plus, les progrès de la génétique moléculaire et de la biotechnologie n'augmenteront pas forcément les rendements agricoles dans les pays à faible revenu et à déficit vivrier [3]. Une bonne gestion des ressources naturelles et la protection de l'environnement sont donc essentiels considérant ce qui suit: a) une demande alimentaire croissante venant de populations plus nombreuses et de modèles de consommation exigeant des ressources intensives (les protéines animales, par exemple); b) un manque croissant de terres arables et d'eau courante, un appauvrissement des pêches et des forêts, une dégradation des sols, et une hausse des coûts d'irrigation; et c) les effets négatifs sur l'environnement (parasites, pollution des sols et des eaux, pertes d'éléments nutritifs, etc.) de certaines applications technologiques à haut approvisionnement utilisées dans le passé.

Le contexte politique

Une hausse de la production alimentaire et de la demande est nécessaire, mais il est clair que cela ne suffira pas à renforcer la sécurité alimentaire. Bien qu'une bonne gestion des ressources naturelles et la protection de l'environnement peuvent accroître de manière durable la production alimentaire et l'offre, d'autres interventions en matière de politiques et de programmes sont nécessaires pour faciliter aux personnes souffrant de la faim l'accès économique et physique à la nourriture. Ces mesures comprennent des aspects sociaux, économiques, institutionnels, humanitaires, réglementaires et politiques du développement. La réduction de la pauvreté est leur objectif primaire; pour cela, il est nécessaire de favoriser les changements technologiques, rendre l'irrigation plus efficace, améliorer les infrastructures, renforcer les marchés et les agro-industries, offrir à un large public les services d'éducation et de santé, et promouvoir la prise de décision et la gestion participatives et démocratiques [4].

Depuis la fin des années 80 et le début des années 90, de nombreux pays en voie de développement ont appliqué des réformes dans leurs politiques agricoles et macro-économiques: ajustements des taux d'échange; réduction des dépenses publiques; réforme de l'imposition; suppression des contrôles sur les prix; baisse des subventions aux pesticides, engrais, eau d'irrigation; réduction du rôle du secteur parapublique et promotion du secteur privé dans la commercialisation agricole; clarification des droits fonciers et des droits de propriété, encouragement des marchés de la terre, etc. La réforme politique est un processus permanent, qui comprend l'apprentissage par l'action. Néanmoins, plusieurs pays ont tiré de telles réformes des bénéfices sur la sécurité alimentaire [5]. La sensibilité du processus de réforme aux besoins des groupes vulnérables a constitué un facteur important dans ces succès.

Les Accords du Cycle d'Uruguay sur l'agriculture qui ont soumis en partie le commerce des produits agricoles à une discipline multilatérale, faisant devenir tarifaires les obstacles non tarifaires et établissant de nouvelles règles sur l'accès au marché, les subventions à l'exportation et au soutien national, devraient libéraliser le commerce des produits agricoles. A long terme, cela devrait améliorer la gestion des ressources naturelles et la protection de l'environnement, la production agricole et la sécurité alimentaire dans les pays en développement. A court terme, cependant, cela devrait amener une hausse des prix dans les pays à déficit vivrier. La Décision sur les mesures concernant les effets négatifs possibles du programme de réforme sur les pays les moins développés et les pays importateurs de produits alimentaires de ces Accords développe ce point [6].

Contraintes

Bien que la nécessité d'une bonne gestion des ressources naturelles et de la protection de l'environnement soit reconnue comme condition sine qua non du renforcement de la sécurité alimentaire, les résultats attendus ne suivent pas forcément. La réussite d'une bonne gestion des ressources naturelles et de la protection de l'environnement dépend d'une multitude de facteurs: activités des individus, des ménages, des entreprises et des communautés, interventions du Gouvernement, cadre institutionnel et politique, systèmes d'encouragements, information, savoir, technologie et investissements. La divergence des coûts privés et sociaux des dommages sur l'environnement, le large éventail et les impacts à long terme sur l'environnement des activités de l'homme font que des mesures délibérées sont nécessaires pour aller dans la bonne direction. Cela est vrai pour l'utilisation et la gestion des sociétés privées, ainsi que pour les ressources de propriété commune, telles les rivières, les lacs, les zones côtières, les mangroves, les pêches, les forêts et les parcelles rurales boisées ou les terres de pâturage.

Parmi les principales contraintes qui doivent être levées pour améliorer les pratiques de gestion des ressources naturelles et de protection de l'environnement de façon à améliorer la sécurité alimentaire, on distingue:

Points clefs

La façon dont certaines communautés, ONG, gouvernements locaux, provinciaux et nationaux et secteur privé ont surmonté ces contraintes est maintenant claire. Le résumé des études de cas ci-dessous illustre ces efforts. Cependant, même après avoir atteint un succès initial, le défi qui consiste à faire durer ces pratiques de gestion des ressources naturelles et de protection de l'environnement et leur lien avec l'amélioration de la sécurité alimentaire ne s'effacent pas. Des points clefs doivent être pris en compte pour obtenir un succès de façon durable:

Les études de cas suivantes donnent un aperçu sur la façon dont ces points clefs peuvent être respectés de façon à améliorer la gestion des ressources naturelles et la protection de l'environnement en même temps que la sécurité alimentaire.

Etude de cas numéro 1: le Costa Rica [7]

L'Institut national de la biodiversité (INBio) du Costa Rica collabore avec des entreprises privées pour explorer une utilisation commerciale non-destructive de la biodiversité, en médecine et dans la cosmétique notamment. Une partie des fonds issus des royalties est utilisée pour la recherche et la protection des zones de conservation, notamment des bassins versants. Cela apporte une valeur ajoutée aux terres agricoles et aux réserves de la nature, puisque la biodiversité est commercialisée par le secteur privé, c'est-à-dire par le biais de l'éco-tourisme.

Deuxièmement, le pays alloue un tiers de ses revenus dérivant des impôts sur l'essence et le combustible fossile aux activités forestières pour assurer des effets positifs sur l'environnement au niveau international et local, notamment la séquestration du carbone et la protection des bassins versants. Un Fond pour financer les forêts fait parvenir les ressources directement aux petits et moyens exploitants comme compensation pour le reboisement des terres et la gestion des forêts.

Troisièmement, avec un prêt de la Société financière internationale (SFI), le Costa Rica a créé un marché des transactions à terme pour le bois afin de permettre aux petits et moyens exploitants de recevoir les fruits de leur travail, sans avoir à attendre 15 ans. Cela devrait permettre de faire de la foresterie durable un commerce monnayable, y compris pour les petits exploitants.

L'expérience du Costa Rica illustre comment une bonne gestion des ressources naturelles et la protection de l'environnement, appuyées par des programmes et des politiques gouvernementaux adaptés et des partenariats avec le secteur privé, peuvent renforcer la sécurité alimentaire et le bien-être des petits exploitants. Cela démontre également qu'il est possible de mettre en relation les effets positifs sur l'environnement et la gestion des ressources naturelles et la protection de l'environnement, le développement agricole durable et la sécurité alimentaire, et mobiliser des ressources externes pour soutenir ce processus.

Etude de cas numéro 2: le Maroc [8]

Le projet du FIDA sur le développement du bétail et du pâturage dans la région de l'est du Maroc a amélioré les conditions de vie d'environ 9 000 familles pastorales et la productivité d'environ 700 000 hectares de terres de pâturage. Ce résultat a pu être obtenu grâce à: a) la formation de coopératives pastoralistes modernes qui se basent sur des lignées de groupes ethniques traditionnels; b) l'introduction de stimulants économiques; et c) la promotion de l'adoption d'une bonne gestion de la sécurité alimentaire, instituant des limites sur le bétail, le repos des terres par roulement pour permettre la régénération de l'environnement et le paiement de frais de pâturage. Les innovations dans l'organisation sociale, le renforcement des institutions traditionnelles et l'utilisation de stimulants économiques ont permis d'améliorer les pratiques de gestion des ressources naturelles et de protection de l'environnement à un modeste coût de 40 dollars E.-U. par hectare et de se passer du coût élevé des clôtures pour protéger les terres de la dégradation.

Etude de cas numéro 3: l'Inde [9]

Pendant plus de trois décennies, les forêts dans les hautes terres du district Jhabua de Madhya Pradesh en Inde ont été abattues sans discrimination par des entrepreneurs, et exploitées par la population locale. L'exploitation intensive des hautes terres et des coteaux sans gestion adéquate des sols, de l'eau et de la végétation a entraîné l'érosion des sols, d'importants éboulements, une perte de productivité de la terre et de sécurité alimentaire, et une émigration massive.

Depuis 1994, la Mission Rajiv Gandhi pour le développement des bassins versants a travaillé avec la communauté locale et différents programme du Gouvernement, tel que le Programme pour les zones sujettes à la sécheresse, le Plan d'assurance de l'emploi, Jawahar Rozgar Yojana, et le Programme de développement des bassins versants, pour restaurer la couverture végétale et procéder à la bonification des terres dégradées. Le succès de ce programme a conduit en 1996 à une révision de ses objectifs initiaux de restauration de la productivité sur 2,8 millions d'hectares au lieu de 1,2 millions d'hectares, touchant environ 6 700 villages et plus de 5 000 bassins versants. La vie, les revenus et la sécurité alimentaire dans la région se sont améliorés de manière significative, renversant la tendance précédante à l'émigration.

Les principaux ingrédients du succès de ce programme ont été: a) la création d'institutions pour la coordination aux différents niveaux et départements de l'administration du gouvernement; b) une planification participative, une gestion, un entretien et un contrôle des ressources en terres, eaux et forêts et des travaux publics par les communautés concernées; c) l'assistance de techniciens dans la prise de décision et la gestion locales; d) l'application d'une approche intégrée de la gestion de la terre et de l'eau, les bassins versants servant d'unité de gestion; e) l'attention que le projet porte aux besoins multiples (nourriture, fourrage, emploi, revenu) des communautés locales; et f) la cohésion de la communauté locale tribale et sa capacité à travailler collectivement pour des objectifs communs.

Etude de cas numéro 4: le Niger [10]

Un programme à petite échelle administré avec le soutien du FIDA dans le district Diffa de la Vallée de Komadougou dans l'est du Niger illustre notamment les améliorations dans la productivité des terres et du travail, les conditions de vie en général et la sécurité alimentaire. Le programme a misé sur la situation géographique et biophysique de la région pour renforcer la sécurité alimentaire en encourageant la production du poivron vert de Diffa, qui est une culture à haut rendement et non un produit de base. Les deux tiers des zones irriguées de la région produit du poivron vert qui a atteint un prix élevé dans les villes voisines du Nigeria et du Niger. La région de Diffa elle-même reçoit en retour des régions voisines des provisions de produits alimentaires de base à bas prix.

Ce programme a permis d'augmenter la productivité des petits exploitants par le biais de la construction de réservoirs naturels alimentés par la rivière Komadougou et grâce à la réhabilitation des plans d'irrigation qui y pompent directement. Il a stimulé l'irrigation collective auto-gérée, fourni aux exploitants des pompes dotées de petits moteurs qu'ils ont pu acheter à crédit, et inculqué les disciplines de recouvrement des coûts et de remboursement des emprunts. Des sols favorables, la disponibilité de l'eau, la proximité d'un grand marché, la flexibilité de la conception du projet et la qualité de la formation du personnel sont parmi les facteurs clefs qui ont permis de lever les contraintes écologiques et économiques initiales.

Etude de cas numéro 5: le Lesotho [11]

Une des réussite notable du Programme de conservation des sols et des eaux et d'agroforesterie du FIDA au Lesotho a consisté en l'amélioration de la productivité des terres, des revenus et de la sécurité alimentaire dans les hautes terres à faible potentiel (de 1 300 à 2 000 mètres au dessus du niveau de la mer) par la propagation du Système d'exploitation Machobane traditionnel adapté aux besoins actuels. Avec le soutien de ce programme, plus de 2 000 familles avaient adopté ce Système à la fin de l'année 1997 et amélioré sensiblement leur niveau de sécurité alimentaire.

Il s'agit d'un système de relais intensif de cultures différentes basé sur la culture du sorgho, du mais, des haricots, du blé et du potiron; à l'initiative de ce programme, deux nouvelles cultures, la pomme de terre et la pastèque, ont été ajoutées, et ont amélioré la nutrition et augmenté les revenus. Dans l'agriculture de montagne du Lesotho, ce Système a amélioré la sécurité alimentaire pour les raisons suivantes: a) des sources organiques sur lesquelles le programme pouvait compter pour rendre et conserver les sols fertiles; b) des mélanges de cultures parfaitement adaptés aux sols, au climat et à l'écologie; c) la conservation d'une couverture de plantes pérennes permettant de conserver les sols et l'eau toute l'année; d) une utilisation autonome des déchets ménagers (fumier et cendres) par les familles exploitantes; e) des rendements suffisants sur des petites exploitations cultivées de façon intensive pour la subsistance et les revenus des familles; f) la diminution des risques par le biais de la réduction de la fluctuation des rendements; et g) l'accent mis sur l'apprentissage par l'action et l'autonomie pour améliorer la gestion des ressources naturelles et la protection de l'environnement.

Le succès pilote de ce Système au Lesotho souligne la viabilité économique, sociale et environnementale des mesures proposées pour la gestion des ressources naturelles et la protection de l'environnement et leurs liens avec la qualité de la vie et la sécurité alimentaire. Il illustre également comment les communautés dans des régions à faible potentiel travaillent rudement pour devenir autonome dans l'amélioration de la gestion des ressources naturelles et la protection de l'environnement et la sécurité alimentaire lorsqu'ils reçoivent les fruits de leur travail en bénéficiant d'une meilleure alimentation et de revenus plus élevés à court terme.

Conclusions

De nombreux pays et institutions de développement ont commencé à concevoir et à appliquer des politiques et des programmes pour promouvoir la sécurité alimentaire. Cela fait souvent partie de leurs efforts pour promouvoir le développement durable, et surtout le développement agricole et rural. L'amélioration de la gestion des ressources naturelles et la protection de l'environnement devrait constituer une composante à part entière des stratégies de renforcement de la sécurité alimentaire pour obtenir un développement durable. Plus la gestion des ressources naturelles et la protection de l'environnement et la sécurité alimentaire sont liés, plus le développement risque d'être durable [12]. Les innovations et les technologies traditionnelles et modernes, les systèmes d'information agro-écologique et environnementaux, ainsi que les processus sociaux participatifs et le partage des bénéfices ont tous un rôle à jouer pour assurer ce lien. Néanmoins, le renforcement de la sécurité alimentaire devrait également exploiter le potentiel du commerce et de l'emploi non agricole pour améliorer les conditions de vie et réduire la pauvreté.

Les expériences croissantes des programmes en cours dans ce domaine donnent des leçons utiles (auxquelles il est fait allusion dans le paragraphe V ci-dessus). Cela représente une promesse formidable dans un échange continu de points de vue, de leçons, d'expériences entre les responsables politiques, les personnes chargées des analyses et les praticiens impliqués dans les projets de terrain. Le Réseau CAC sur le développement rural et la sécurité alimentaire fournit un véhicule parfait pour susciter un tel échange. Son potentiel doit être entièrement exploité pour servir le développement rural et la sécurité alimentaire.

Notes

1. FAO, Report of the World Food Summit, 13-17 November 1996, Part One. Rome, 1997.

2. FAO. "World Food Summit Follow-up: Draft Strategy for National Agricultural Development: Horizon 2010". Rome, 1997.

3. Norman Borlaug, 'Technological and Environmental Dimensions of Rural Well-Being' in "Rural Well-Being: From Vision to Action", op.cit., pp. 43-46

4. Alex F. McCalla and Wendy Ayers. 'Rural Development, Agriculture and Food Security', in "Finance and Development", December 1996, pp. 8-11.

5. FAO, "World Food Summit Follow-up: Draft Strategy for National Agricultural Development: Horizon 2010". Rome, 1997.

6. Merlinda Ingco, Donald Mitchell, Alex F. McCalla. "Global Food Supply Prospects", World Bank, Washington D.C., 1996.

7. Jose M. Figueres. 'Political Dimensions of Rural Well-Being and How to Achieve Results on the Ground', in "Rural Well-Being: From Vision to Action", Proceedings of the Fourth Annual World Bank Conference on Environmentally Sustainable Development I.. Serageldin and David Steeds, World Bank, Washington D.C., 1997, pp. 27-30.

8. Fawzi Al-Sultan. 'Reaching the Rural Poor', in "Rural Well-Being: From Vision to Action", op.cit, pp. 53-62.

9. Anil Agarwal and Richard Mahapatra. 'When Old Gods Died', in "Down to Earth". February 1998, pp. 33-43.

10. Fawzi Al-Sultan. 'Reaching the Rural Poor', in "Rural Well-Being: From Vision to Action", op.cit., pp. 53-62.

11. M. Bishay, "IFAD Update" No. 3, January 1998, pp. 11-12.

12. Gabino Lopez. 'How Ecological Agriculture Changed my Life', in "Our Planet", UNEP, Vol. 8, No. 4, 1996, pp. 34.

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