Suivi du Sommet mondial de l'alimentation


Des ONG et des représentants de la société civile africaines ont adopté, au Caire, une déclaration sur la sécurité alimentaire. La Déclaration de Bamako a également été approuvée par plus de 200 mouvements sociaux africains.

Lors de la réunion dans la capitale égyptienne, qui a eu lieu en parallèle avec la vingt-deuxième Conférence Régionale pour l'Afrique de la FAO, du 4 au 8 février 2002, les représentants de 30 organisations non gouvernementales et d'organisations de la société civile ont exprimé leur préoccupation concernant l'impact négatif que le programme d'ajustement structurel continue d'exercer sur le secteur rural africain.

La déclaration du Caire sur la sécurité alimentaire en Afrique, accompagnée d'un plan d'action destiné à convertir les engagements politiques en réalité, est l'un des documents rédigés lors de la consultation pour la préparation du
Sommet mondial de l'alimentation : cinq ans après. Dans les deux documents, les problèmes traités sont en relation avec la souveraineté alimentaire et le droit à une nourriture adéquate, des modèles efficaces de production agricole, la paix, la démocratie et le gouvernement, des programmes de contrôle du SIDA, la santé publique, l'égalité des genres, le financement du secteur agricole et l'amélioration des infrastructures rurales.

Les dirigeants qui se sont réunis au Caire ont également demandé une réforme des constitutions africaines afin d'y inclure le droit à une nourriture saine et adéquate pour chacun, un suivi attentif de l'impact des décisions de de l'Organisation mondiale du commerce sur l'agriculture africaine et un appui aux méthodes de préservation des nourritures indigènes.

En cliquant sur le lien, vous pourrez trouver, en anglais et en français, la Déclaration de Bamako (en anglais), écrite par le Forum social africain. Il s'agit du compte-rendu de la réunion qui s'est tenue à Bamako, au Mali, du 5 au 9 janvier 2002. Plus de 200 mouvements sociaux africains représentés lors de cette réunion ont condamné avec insistance les dangers de la globalisation néo-libérale pour le continent africain, souhaité une prise de conscience de la fragilité de leurs marchés face au marché mondial, sollicité un contrôle sur les flux des capitaux des entreprises multinationales dans cette région, appelé à ce que l'aide au développement cesse d'être conditionnée à des conditions politiques, averti de l'incapacité technique de l'Afrique à affronter un nouveau cercle de négociations de l'Organisation mondiale du commerce dans des conditions équitables, et notifié les faibles progrès réalisés dans le domaine du genre sur le continent ces dernières années. Toutes ces idées ont été réunies sous le slogan : "Une autre Afrique est possible."


Les ONG du monde entier se préparent pour le Forum de la souveraineté alimentaire, un événement parallèle au Sommet mondial de l'alimentation : cinq ans après

La préparation de la Commission internationale de planification des ONG/OSC pour le
Forum de la souveraineté alimentaire, qui aura lieu à Rome du 8 au 13 juin 2002, se poursuit. Ce Forum va réunir des centaines d'organisations d'agriculteurs, des groupements de pêcheurs, des syndicats agricoles, des populations autochtones et des ONG. Il fonde sa légitimité sur l'autonomie des participants et ne souhaite être présenté ni comme un "anti-Sommet", ni comme un "bureau d'étude de la FAO".

Grâce au support inestimable du Comité italien, qui a pris en charge l'intégralité de l'organisation et de la logistique, cet événement important prend déjà forme autour de trois thèmes :
  • Droit à la nourriture et aux ressources (incluant droit à la terre, à l'eau et à la biodiversité; droits du secteur agro-alimentaire; et droits des populations autochtones).
  • Modèles d'agriculture alternative (discussion du modèle de production industrielle ainsi que des OGM, et présentation des alternatives existantes).
  • Souveraineté alimentaire (comprise comme démocratie, participation et droits de la population à décider de sa propre nourriture, développement agricole et politiques de marché).
En travaillant comme délégués durant le Forum, 606 participants se chargeront de la formulation d'une stratégie d'action conçue comme la somme des stratégies déjà formulées durant les réunions d'ONG parallèles aux conférences régionales de la FAO pour la préparation du Sommet. Ce travail se déroulera durant les matinées du 8 et du 9 juin. Un groupe de ces délégués va également participer à des réunions avec les gouvernements, dans les locaux de la FAO, où ils vont présenter la position commune des ONG pour le Sommet.

Un nombre non limité de personnes peut être autorisé à participer aux ateliers de travail et aux activités prévues dans le cadre du Forum, l'après-midi et le soir. Pour participer, il suffit d'écrire au Comité italien du Forum sur la souveraineté alimentaire : ngoforum@libero.it.

En plus des sujets centraux mentionnés ci-dessus, le Forum discutera d'un code de conduite international concernant le droit à une nourriture adéquate. Ce code sera proposé par l'ONG Institut international Jacques Maritain, le FoodFirst Information & Action Network (FIAN) et l'Alliance mondiale pour la nutrition et les droits de l'Homme (World Alliance for Nutrition and Human Rights). Ce texte a déjà été révisé et approuvé par plus de 800 ONG à travers le monde. Le principal but de ce code, qui sans être une référence légale aura de plus grandes chances d'être approuvé que ne l'aurait une convention internationale, est de spécifier les obligations des Etats aux niveaux national et international et de désigner les responsabilités des autres acteurs de la société civile en ce qui concerne le droit de chacun à la nourriture.

Pour plusieurs informations visitez le site internet FAO-NGO/CSO


L'Afrique prépare le Sommet mondial de l'alimentation : 5 ans après

Du 4 au 8 février 2002, au Caire, les ministres de l'agriculture - et leurs délégations - de 45 pays africains se sont réunis pour définir un agenda auquel le continent va devoir faire face à Rome au mois de juin prochain. La trente-deuxième Conférence régionale pour l'Afrique de la FAO a débuté sur le constat que l'Afrique est la seule région du monde où l'approvisionnement alimentaire par personne a diminué au cours des quatre dernières années. Près de 200 millions d'africains sont sous-alimentés, et ceci est dû en grande partie aux possibilités limitées de la production pour la consommation personnelle et à la faible organisation des réseaux de distribution et des marchés. Cette situation est encore plus dramatique si l'on considère que vivent en Afrique sub-saharienne quelque 24,5 millions de personnes atteintes du
virus du SIDA, une maladie capable d'emporter 20 millions de fermiers africains d'ici 2020.

Lors de cette conférence, Jacques Diouf, le Directeur général de la FAO, a mis en évidence que "il est par-dessus tout nécessaire, dans le domaine de l'agriculture, de développer de nouvelles négociations à l'OMC, de manière à ce que les pays en développement aient de plus en plus d'opportunités de participer au commerce international."

M. Diouf a appelé à l'augmentation des investissements pour les infrastructures sur le continent, en particulier dans les systèmes d'irrigation à faible échelle, la conservation et l'amélioration des sols, le réseau routier rural et les marchés. Pour le contrôle de l'eau et l'amélioration des sols, 37 milliards de dollars US sont actuellement nécessaires. D'autres points-clés soulevés à la conférence du Caire, et qui seront rapportés à Rome, incluent la pêche illégale le long des côtes africaines ainsi que le besoin d'un code de conduite afin de réguler celle-ci, et l'urgence d'une harmonisation des politiques économiques africaines.

Au cours de cette réunion, les ministres et leurs délégations ont fait l'éloge du Nouveau partenariat pour le développement africain (New Partnership for Africa's Development/NEPAD), une initiative courageuse entreprise par les leaders africains afin de renforcer les politiques agricoles et le commerce régional.


Le Directeur Général de la FAO, M. Jacques Diouf, met en garde contre la dépendance croissante envers les importations agricoles au Proche-Orient, pendant que plus de 35 ONG établissent les priorités pour la région

Les ministres de l'agriculture et les délégués de 24 pays se sont réunis à Téhéran du 9 au 13 mars pour la 26ème Conférence Régionale du Proche-Orient en vue d'analyser la situation agricole et alimentaire actuelle de la région, d'évaluer le suivi apporté aux
objectifs retenus lors du Sommet Mondial de l'Alimentation en 1996 et de se préparer au prochain Sommet Mondial de l'Alimentation: cinq ans après, qui aura lieu à Rome en Juin 2002. Au même moment, les ONG et la société civile de 15 pays se sont réunies dans la capitale iranienne afin de débattre et d'établir des priorités pour le Sommet.

La production agricole de la région n'a pas progressé en suivant le rapide accroissement de la demande en aliments. Son marché agricole est resté en partie limité par une prépondérance des exportations de produits à faible valeur ajoutée, comme les fruits et légumes. Entre 1992 et 1996, les fruits et légumes ont constitué près de 40% de la valeur totale des exportations agricole de ces pays.

Le directeur général de la FAO, Jacques Diouf, a exhorté les Gouvernements du Proche-Orient à formuler des stratégies pour diversifier les exportations vers des produits à forte valeur ajoutée afin de promouvoir la compétitivité et une meilleure intégration du commerce national dans le marché mondial.

Jacques Diouf a aussi attiré l'attention sur les graves problèmes posés par la pénurie en eau dans cette région, qui constitue un des obstacles majeurs au développement agricole. Le phénomène de sécheresses fréquentes cause un handicap permanent pour l'activité agricole. Ces vingt dernières années, beaucoup de pays de la région ont souffert des pires sécheresses signalées ces dernières décennies. Et cette région enregistre quelques-uns des indices les plus bas du monde pour la sous-nutrition. Evoquant le slogan : "plus de céréales pour chaque goutte d'eau", Jacques Diouf a incité les gouvernements et les experts à formuler des politiques et des stratégies pour optimiser l'utilisation de l'eau et développer des systèmes de contrôle des eaux plus efficaces.

Parmi les questions traitées durant la conférence, ont figuré le problème forestier (les forêts disparaissent beaucoup plus rapidement dans le Proche-Orient que dans le reste du monde), les risques d'exposition de la zone aux maladies du bétail, la biodiversité et ses utilisations agricoles potentielles, ainsi que la pêche et la sylviculture au sein de cette zone.

Comme expression du renfort de la volonté politique, les participants se sont mis d'accord sur l'établissement d'une "Alliance Internationale contre la Faim et la Pauvreté" qui sera opportunément adoptée par les états membres. Jacques Diouf assura que "cette alliance pourrait être l'expression tangible d'une volonté politique renforcée et un grand pas vers l'élimination de ce désespoir et de cette haine qui font le lit de l'extrémisme".

36 ONG et organisations de la société civile (OSC) de la région se sont parallèlement réunies à Téhéran afin de recommander des politiques et des priorités pour la Conférence Régionale de la FAO. Les ONG et les OSC, à l'instar de la FAO, lancèrent un appel pour une participation politique au plus haut niveau au Sommet Mondial de l'Alimentation : cinq ans après, mécanisme nécessaire pour affronter efficacement l'insécurité alimentaire et la pauvreté au Proche-Orient.


Des membres du Réseau ont soutenu la préparation de l'Équateur au prochain Sommet mondial de l'alimentation

Parmi les nombreux pays ayant déjà prévu d'assister à cet important rendez-vous qui aura lieu à Rome en juin 2002, l'Equateur a obtenu le support de plusieurs participants au Réseau sur le développement rural et sur la sécurité alimentaire (Red de Desarrollo Rural y Seguridad Alimentaria, REDERSA) pour la préparation du document national qui sera présenté lors du Sommet.

En Equateur, le REDERSA rassemble de nombreux participants issus de la société civile, des agences des Nations unies et des institutions gouvernementales. Il a donc été en mesure de présenter de nombreux aspects des progrès réalisés dans le pays au regard des engagements pris en 1996.

Le rapport commence par une description des caractéristiques socio-économiques du pays entre 1996 et 2001, et passe en revue la situation alimentaire et l'état nutritionnel dans le pays. Il contient également une analyse des principaux facteurs influençant la sécurité alimentaire nationale. Avant de conclure par un certain nombre de considérations finales, ce document énumère les politiques et programmes ayant eu une influence sur la sécurité alimentaire, en indiquant leurs avantages et leurs limites.

Cliquez ici pour accéder à un
résumé de ce rapport (disponible seulement en espagnol).

De plus, plusieurs membres du REDERSA ont participé à l'Atelier de travail ONG/Société civile d'Equateur, concernant la participation au Sommet, qui s'est tenu à Quito le 18 juillet 2001. Le document (disponible seulement en espagnol) issu de cette réunion consiste en une analyse des progrès politiques, techniques et légaux concernant la sécurité alimentaire entre 1996 et 2001, ainsi qu'en quelques réflexions sur des questions telles que la dépendance vis-à-vis de l'étranger et la souveraineté alimentaire au sein du pays.

Pour plus d'informations, veuillez contacter : FAO-ECU@field.fao.org


Turquie : le Groupe thématique du Réseau examine la position des ONG turques au Sommet mondial de l'alimentation

Une rencontre du Groupe thématique sur le développement rural et de la sécurité alimentaire en Turquie a permis de discuter et définir la participation des ONG turques au Sommet mondial de l'alimentation de juin prochain.

Lors des dernières réunions, les ONG et représentants de la société civile appartenant au Groupe thématique ont débattu des grandes lignes du document qui sera présenté au Sommet. De nouvelles suggestions concernant des problèmes qui devraient être inclus dans ce document ont également été formulées.

Il a ainsi été discuté, dans ce Groupe, du besoin de : renforcer la production agricole destinée au marché national; remplacer l'importation de produits pour lesquels le pays a un potentiel de production suffisant, tels que l'huile de tournesol, le pétrole brut, le maïs, le riz et les légumes; et relancer les exportations de produits agricoles. Une autre proposition est la substitution de l'aide sociale par une aide pour la production agricole. Le besoin de faire face à des problèmes graves tels que le chômage rural et le développement humain a également été souligné.

Lors de ces réunions, il a généralement été admis que la société civile devrait jouer en Turquie un rôle plus important dans la formulation des politiques. D'autres sujets ont été inclus à l'agenda, tels le besoin de lutter contre l'émigration des régions boisées qui disparaissent rapidement dans le pays, l'urgence d'une politique nutritionnelle et diététique qui n'existe pas jusqu'à présent, le potentiel d'association existant entre les producteurs et les consommateurs, ainsi que le besoin d'une meilleure intégration entre l'agriculture et l'industrie nationale.

Lors d'une réunion spéciale du Groupe thématique, des représentants des institutions gouvernementales ont discuté et amendé le document préliminaire du rapport du gouvernement pour le Sommet mondial de l'alimentation : cinq ans après en l'élargissant pour y inclure les activités de tous les acteurs dans ce domaine.

La prochaine rencontre du Groupe thématique programmée pour le 22 mai 2002 finalisera les préparatifs pour le Sommet mondial de l'alimentation. À l'ordre du jour de cette réunion figurent également les points suivants : information du public sur les questions de développement rural et collectes de fonds, activités pour la Journée Mondiale de l'Alimentation/Télefood 2002, Année Internationale de la Montagne et méthode de travail pour la préparation du Plan national d'action pour la Nutrition.