Nouvelles - Août 2002

Dialogue Multi-Partenaires lors du Sommet mondial de l'alimentation: cinq ans après

Lors du Sommet mondial de l'alimentation: cinq ans après, une session de Dialogue multi-partenaires a réuni, le 12 juin 2002, des organisations de la société civile et des organisations gouvernementales et internationales. Parmi les 266 participants, 173 représentaient des organisations de paysans, de pêcheurs, d’agriculteurs, de femmes, d’autochtones, de jeunes et de travailleurs agricoles, aux cotés des représentants de plus de 50 gouvernements et de 40 organisations internationales.

Le dialogue s’est ouvert avec les présentations des représentants des ONG par groupe régional de la FAO. Il a été suivi d’une discussion générale. Plusieurs ONG se sont préoccupées du fait que la Déclaration du Sommet mondial de l'alimentation ne répondait pas correctement aux problèmes ce qui a empêché d’atteindre les buts fixés il y a cinq ans. Les politiques et les processus de mondialisation et de libéralisation du commerce ont été considérés comme étant les causes principales de l’appauvrissement et de la perte de contrôle des processus de développement par les groupes sociaux les plus marginaux. Elles ont affirmé que la mondialisation contribuait à détériorer la situation des agriculteurs et des ouvriers, conduisait à une réduction du nombre de fermes familiales, augmentait la pollution et les risques alimentaires tout en ne permettant pas d’augmenter la productivité. Le manque d’accès aux terres et aux ressources productives a aussi été identifié comme étant une des causes fondamentales de l’insécurité alimentaire. Les conflits et les guerres, fréquemment soutenus ou menés par les pays développés, contribuent également à l’insécurité alimentaire. La nourriture ne doit pas être utilisée comme une arme politique.

Une majorité de représentants a approuvé le fait qu’il fallait assurer et protéger une approche de la sécurité alimentaire basée sur le droit, ce qui encouragerait la responsabilisation des populations et de leurs communautés : le droit à la nourriture et à la production alimentaire, l’accès aux ressources productives et aux moyens de production, les choix alimentaires, la sécurité alimentaire mais aussi la sécurité des semences, un commerce équitable et l’accès aux marchés locaux, enfin le droit de participer à la détermination des programmes et des politiques agricoles et alimentaires aux échelons internationaux, nationaux et locaux. Il a aussi été demandé un code de conduite relatif au droit à l’alimentation, ainsi que des programmes volontaires permettant de responsabiliser les petits agriculteurs, les paysans et les pêcheurs.

Le développement des biotechnologes et la production d’OGM, sont considérés comme étant, dans la plupart des cas, promus par des entreprises transnationales qui ne font pas d’études préalables valables sur les risques sur la santé et l’environnement. De telles technologies polluent l’environnement, menacent la biodiversité, contaminent les ressources locales génétiques et affaiblissent le développement de l’agriculture organique et d’autres pratiques écologiques douces. Il en est donc résulté, que toute forme de brevet sur la vie n’est pas acceptable. Les ONG/OSC ont proposé d’adhérer au principe de précaution, de développer un code de conduite et d’établir et mettre en oeuvre un réel moratoire sur les OGM. Elles ont aussi demandé à la FAO et aux gouvernements de développer un système d’information pour les consommateurs sur les OGM et autres produits, assorti d’un étiquetage correct et d’une protection du consommateur respectant le principe de l'information préalable ("prior informed consent").

En ce qui concerne les conditions de travail et les marchés nationaux, les participants ont proposé d’encourager des échanges commerciaux équitables, de développer et de permettre l’accès aux marchés locaux, d’établir des formes effectives de contrôle du dumping pratiqué par les pays développés et de transférer de l’OMC à la FAO les responsabilités relatives aux questions du commerce agricole et alimentaire.

Parmi les gouvernements représentés, seuls quelques-uns ont participé activement au dialogue. La majorité s’est accordée sur la nécessité d’accorder une nouvelle importance à l’agriculture et au développement rural lors de la formulation et de la mise en oeuvre des mesures politiques et d’augmenter considérablement les fonds disponibles. À ce sujet, plusieurs gouvernements ont réaffirmé l’importance de l’agenda de développement de Doha. Ils ont attaché beaucoup d’importance à la participation de la société civile lors de la prise de décisions et pour le travail humanitaire. Certains gouvernements ont exprimé leur inquiétude au sujet de l’incidence des OGM sur les systèmes alimentaires. Quelques-uns étaient en faveur d’un moratoire et/ou de la mise en oeuvre d’autres mécanismes de réglementation. D’autres encore, étaient partisans de l’utilisation des nouvelles découvertes de la biotechnologie, par exemple les OGM, pour augmenter la production alimentaire et pour réduire la pauvreté. Certains participants ont demandé à la FAO de compléter son travail technique en adoptant un rôle encore plus actif pour encourager et faciliter le dialogue entre toutes les parties prenantes et les donateurs ont été interpellés afin qu’ils coordonnent plus efficacement leur soutien au développement agricole et rural.