Publications - Juin 2002

"Protéger la paysannerie pauvre dans un contexte de mondialisation " : Marcel Mazoyer présente une série de propositions pour faire face à l'appauvrissement engendré par le marché international pour 1,25 milliard de paysans

Un siècle après la révolution industrielle et après cinquante ans de révolution verte et d'aide alimentaire, il est temps d'essayer de comprendre pourquoi l'économie internationale maintient, produit, reproduit et multiplie la pauvreté extrême et la malnutrition. D'après M. Mazoyer, ce n'est pas un problème de surproduction agricole, mais plutôt une question de sous-consommation qui atteint des proportions dramatiques à cause du pouvoir d'achat dérisoire des paysans (et par conséquent, du reste des secteurs économiques qui dépendent du secteur agricole dans les pays en développement). Un marché international dominé par l'agriculture (subventionnée) des pays industrialisés et l'exploitation extensive de coûts salariaux très bas dans certains pays en développement a engendré des coûts de marché insoutenablement bas pour les produits agricoles, poussant ainsi les fermiers des pays pauvres (1,25 milliard) dans une voie sans issue. La solution, on le sait maintenant, ne se trouve pas dans le libre échange international.

Dans la publication "Protéger la paysannerie pauvre dans un contexte de mondialisation ", M. Mazoyer, professeur d'agriculture comparée et de développement agricole à L'université de Paris I, propose une augmentation progressive des prix agricoles afin de : hausser le revenu des fermiers sous-équipés pour leur redonner la possibilité de survivre, d'investir et de se développer; freiner l'exode du monde rural; réduire le chômage et la pauvreté urbaine; hausser le niveau général des salaires et autres revenus afin d'augmenter les chances des pays les plus pauvres tout en créant chez eux une capacité d'investissement qui leur permettra d'augmenter leur demande solvable et par conséquent de stimuler la croissance mondiale.
 
Comment ?

M. Mazoyer propose une nouvelle méthode permettant de réguler le commerce agricole international en :
  • établissant de grandes zones de libre-échange des produits agricoles regroupant des pays dont la production agricole est comparable et en protégeant ces " grands marchés agricoles" contre l'importation de surplus à des prix très bas;
  • négociant, produit par produit, des accords internationaux qui établissent aussi équitablement que possible un prix moyen d'exportation ainsi que des quotas autorisés d'exportation pour chacun de ces marchés;
  • réduisant les différences de revenus agricoles par le biais de taxes territoriales différenciées, plus ou moins lourdes pour les régions favorisées et inexistantes ou négatives pour les régions désavantagées, tout en créant des lois contre l'accumulation.

Cela signifie, conclut le professeur, " S'opposer à une mondialisation aveuglément libérale qui exclut les pauvres et soutenir une mondialisation attentive, organisée et réglée, profitant à tout le monde ".

Le document "Protéger la paysannerie pauvre dans un contexte de mondialisation " est mis à la disposition des représentants de gouvernements et du Comité International de Planification des ONG/OSC pour la préparation du Dialogue Multi-Partenaires (DMP) lors du Sommet Alimentaire International : cinq ans après.

Pour plus d'information sur cette publication, veuillez consulter SD-Dimensions@fao.org